Dimon malade, JPMorgan veut rassurer sur sa succession

New York, 2 juil 2014 (AFP) Au lendemain de l’annonce de la maladie qui frappe son PDG Jamie Dimon, la banque américaine JPMorgan Chase a cherché mercredi à rassurer sur l’état de préparation de son éventuelle succession.

Le titre de la première banque américaine en termes d’actifs reflétait la perplexité ayant gagné Wall Street après que M. Dimon a annoncé mardi soir être atteint d’un cancer de la gorge “curable”: il reculait de 1,23% à 56,86 dollars vers 18H15 GMT.

Bien avant que le cancer à la gorge de M. Dimon ne soit détecté, “le conseil d’administration avait déjà établi un plan à court terme, à moyen terme et à long terme”, a indiqué à l’AFP un porte-parole de JPMorgan, Joseph Evangelisti.

Il n’est pas rentré dans les détails mais selon des sources proches du dossier, ce calendrier correspond à des échéances de 3 ans, 5 ans et 10 ans. Le successeur de M. Dimon serait choisi en fonction de la date de son éventuel départ.

Il sera en tous cas choisi en interne. Une “short-list” comprenant quatre noms a été établie récemment après le départ fin mars de la banque pour le fonds d’investissement Carlyle Group de Michael Cavanagh, considéré comme héritier putatif de Jamie Dimon. Son retour est exclu, selon l’une des sources.

– 2 femmes, 2 hommes –
Sur cette liste, figurent deux femmes: Mary Erdoes, l’une des femmes les plus puissantes de la finance, à la tête de l’activité de gestion d’actifs, et Marianne Lake, la directrice financière.

Elles sont en concurrence avec Daniel Pinto, le patron de la toute puissante banque d’affaires et d’investissement, et Gordon Smith, à la tête de la banque de détail en pleine ascension.

La présence de Mme Erdoes et de M. Smith reflète l’accent mis sur les activités moins risquées au moment où le courtage est sous la surveillance étroite des régulateurs.

“La bonne nouvelle, c’est que le pronostic de mes médecins est excellent, que le cancer a été découvert rapidement et que ma maladie est curable”, a indiqué M. Dimon, 58 ans, dans un courriel aux employés et aux actionnaires.

Le cancer est confiné à la gorge et au côté droit du cou, précise le PDG de JPMorgan, l’une des personnalités les plus en vue de Wall Street.

Il a souligné qu’il allait entamer un traitement (radiations et chimiothérapie) pendant 8 semaines et qu’il assumerait ses fonctions “normalement”.
– Soutien du conseil d’administration –
“Le conseil d’administration a été informé et me soutient totalement”, souligne-t-il encore.

M. Dimon ne limitera que ses voyages. Un déplacement prévu en Europe la semaine prochaine a par exemple été annulé, selon des sources proches du dossier.

Mais aux Etats-Unis, la maladie d’un grand patron incite à des questions sur sa succession, au moins à court terme.

En l’espèce, cette question est d’autant plus brûlante que JPMorgan Chase est l’une des plus grosses banques au monde, avec un chiffre d’affaires de 99,8 milliards de dollars et 17,9 milliards bénéfices l’an dernier.

M. Dimon, qui a pris les rênes de JPMorgan Chase en janvier 2006, a toujours reçu le soutien de son conseil d’administration malgré les tempêtes et les litiges.

L’an dernier, ce dernier a rejeté des demandes appelant à une séparation entre les fonctions de président et de directeur général. Il lui a aussi accordé une rémunération totale de 20 millions de dollars, en hausse de 8,5 millions comparé à l’exercice d’avant.

La réputation de JPMorgan, jadis citée en modèle de bonne gestion, a souffert ces dernières années, notamment de l’affaire de la “baleine de Londres”, des paris risqués qui ont mal tourné et lui ont coûté quelque 6 milliards de dollars.

La banque s’est retrouvée dans le collimateur des régulateurs américains et son ardoise juridique avoisine les 20 milliards de dollars depuis un an, dont 13 milliards de dollars en novembre dernier pour ses errements dans les crédits immobiliers à risque “subprime”. Elle est aussi confrontée depuis quelques mois à une hémorragie de départs de grands banquiers.

lo/sl/nas

JP MORGAN CHASE & CO
CARLYLE GROUP

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

Il Ghirlandaio will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.